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De l’encre coule… Après la sortie de la création vidéo "Regarde", Juliette nous offre quelques mots à propos : "En préparation depuis maintenant cinq ans, Regarde est un fil : un fil issu de l’art d’un père qui trouve sa continuité dans celui de son fils. Pianiste de formation, Perceval Alizadeh Fard propose un regard sur l’œuvre du peintre Aurélien Alizadeh Fard à travers une pièce où se mêlent intimement musique, danse, et peinture, que celle-ci soit celle du peintre ou des tableaux de la Nature que constituent les paysages. Mais ne parlons pas ici d’adaptation musicale de la toile peinte : il s’agit bien davantage d’une impulsion picturale que la musique et l’image viennent prolonger, développer, étendre, libérer. Trait de l’huile qui s’échappe de la toile et devient son…et danse… La chorégraphie de Laura Simarro est une teinte qui s’ajoute à la palette sonore, où le corps devient fibre du son, « tentant d’embrasser celui-ci dans l’espace » selon les mots de l’artiste. C’est en effet en désirant relier son travail compositionnel à celui des œuvres de son père, œuvres qu’il côtoie depuis l’enfance, que Perceval Alizadeh Fard a vu initier ce projet, presque naturellement. D’un programme de l’exposition « Pulsations rayonnantes » rédigé par l’artiste-peintre en 1987, l’artiste-compositeur tire les images et les éléments qui viendront nourrir l’univers de Regarde : miroir, dualité permanente entre le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres, l’intérieur et l’extérieur, comme deux faces d’une même unité ainsi que l’illustre le corps de la jeune femme dans la toile de 1985, tout à la fois divisé et unifié par la couleur. Lovées dans une unité faite de leurs deux personnalités, les deux femmes de la toile datée de 1986-1987 forment ensemble une composition pyramidale que Laura Simarro vient compléter, comme issue de la toile, au début du clip et que l’on retrouve à la fin de celui-ci sur la plage, dans une unité renouvelée par le jour. L’ouïe, la vue et le toucher sont ici profondément liés par les gestes répondant aux mots, mais aussi par la prosodie dont le rythme rejoint la danse. Le corps est en effet magnifié tant visuellement, par la danse, que par les sens de l’auditeur.trice qui sont ici sollicités car l’écoute n’est pas passive : l’oreille mêle ensemble signification des mots et des sons. Toutes les dualités disparaissent lorsque l’on passe à travers le miroir qui mène au grandiose paysage du jour : le vent et l’espace semblent alors balayer les contraires ainsi que la voix le révèle : « Dans le noir pour seule lumière ». Et la polyphonie, tant vocale qu’instrumentale, vient donner vie à cette lumière que les paroles appellent à contempler. Construite dans un épaississement progressif du tissu sonore sur une rythmique inaltérable, la composition nous emporte dans un envol final où les instruments se fondent dans la ligne vocale. À l’image des deux tableaux visibles dans le clip, Regarde n’est qu’un élément d’une toile beaucoup plus large, initiée en 2015 et faite d’autres compositions qui seront peut-être visibles un jour, espérons-le !" Juliette Gicquel-Molard, 11 Juillet 2021. Juliette Gicquel-Molard est musicologue, pianiste au CRR de Paris et exploratrice de musées. Actuellement elle prépare le concours de conservateur du patrimoine à Sorbonne-Université.